Visite guidée au musée de la photo : Les jeux

Photographie 1 :

Biographie de l’artiste :

Pierre Dubreuil est né en 1872 à Lille. Sa famille possédait un commerce prospère de papiers peints et de décoration intérieure ce qui lui permettait une certaine aisance financière durant sa vie. C’est ce qui lui permettra tout le loisir pour se consacrer à l’art et à la photographie.

En 1896, une de ses photographies « Sombre Clarté » est à Bruxelles dans une exposition importante. La même année, le prestigieux Photo- Club de Paris accepta cinq de ses œuvres, ce qui lui a permis de rejoindre les rangs des tout premiers photographes français.

En quatre ans, il acquit une renommée internationale. Lors de ces quatre années, il a détruit beaucoup de ses œuvres, car elles étaient du moment décisif. Or, selon lui, « Le hasard en photographie, voilà l’ennemi. » Il se mit alors à utiliser un gros appareil photographique solidement fixé sur un trépied et se consacra désormais à « fabriquer » des photographies plutôt qu’à en prendre.

En 1900, l’Annuaire Général et International de la photographie prit l’allure d’une véritable monographie de Dubreuil présentant une quarantaine de ses œuvres les plus récentes.

Intention artistique de l’artiste :

Son œuvre se démarque de celle des nombreux représentants européens du pictorialisme, car il y intègre des notions esthétiques des avant-gardes picturales.

Origine et brève explication de la photo :

Cette photographie s’intitule « le croquet ». Elle a été prise en 1932. Cette œuvre témoigne le début du pictorialisme. Il s’attache à mettre en avant la vision du sujet et à transformer le réel à l’aide d’artifices divers tels que le clair-obscur, le flou, le cadrage tronqué ainsi que de techniques sophistiquées de tirage autorisant l’intervention manuelle.

Photographie 2 :

Etant donné que cette photographie est anonyme, nous ne connaissons rien sur l’auteur de celle-ci. Lorsque nous avons discuté avec la bibliothécaire du musée, celle-ci nous a décrit différentes hypothèses. Il se pourrait que ce soit une photographie :

  • –  prise lors d’un carnaval
  • –  une personne ayant son propre magasin et qui a voulu prendreune photographie humoristique.

    Cependant, étant donné que ce sont des hypothèses, nous ne pouvons ni les confirmer, ni les infirmer.

Biographie :

Shoji Ueda est né en 1913 à Shokaiminato, dans la région de Tottori. Il est issu d’une famille d’artisans et est fils unique. Il s’est d’abord intéressé à la peinture et ensuite, il a découvert la photographie en 1928. Il a fait partie d’un photo-club puis il est parti à Tokyo pour étudier la photographie. En 1933, il a ouvert un studio à Shokaiminato et a intégré des associations de photographes où il a montré ses premiers travaux. Pendant la guerre, il a cessé ses activités pour les reprendre en 1946. Il est seulement reconnu à la fin des années 40 avec des publications dans les magazines, des prix et une exposition importante à Tokyo. En 1971, il expose à Tokyo et publie un livre sous le titre de « children the year round ». A partir de ce moment, il a régulièrement exposé au Japon, en Europe et aux Etats-Unis. Il y a même un musée dans sa région natale qui lui est consacré et qui a ouvert ses portes en 1995.

Intention artistique de l’artiste :

Shoji Ueda utilise des principes perspectifs où il met en avant le fugitif, l’instantané et le mouvement par le mouvement. La rigueur de composition soigneusement balancée, l’équilibre subtilement mesuré des valeurs et la lisibilité apparente du thème. C’est pour toutes ces raisons que les images de Ueda ont la forme d’un classicisme qui ne ressemble en rien au japonais malgré qu’on ait parfois des doutes. Dans les photographies d’Ueda, il faut regarder ce qu’elles expriment et non pas ce qu’elles représentent ; il faut regarder ce qu’elles suggèrent et non pas ce que l’on voit. C’est pour cela que ces photographies ont une atmosphère étrange. Les Japonais combinent naturellement les figures en gros plan avec la vue plongeante. Il n’y a que la perspective qui arrive à combiner ces deux points de vue en effaçant le second plan. Shoji Ueda a subtilement modifié cette technique dans ses plus célèbres photographies. Sur notre photographie, l’appareil est placé en hauteur et crée un effet de perspective aplatie traditionnelle : le point le plus éloigné (la femme avec le parapluie) est situé tout en haut de l’image comme un effet de vue plongeante. Il y a encore d’autres systèmes de représentation qu’Ueda manie avec la plus grande habileté et les combine entre eux avec une richesse de point de vue très frappante puisqu’elle a l’air inconciliable avec la nature même de l’appareil photographique. Il va aussi bien de la vue plongeante traditionnelle à la vue cavalière qu’à la vue au ras du sol ou encore à la vue à vol d’oiseau, il s’adapte.

Origine et brève explication de la photo :

Ueda a fait toute une série de photographies représentant « des personnages sur les dunes » et cette photographie fait partie de cette longue série. Elle a été prise en 1948. Dans cette photographie comme dans les autres de la série, il pratique une forme de collage visuel où il insère un objet dans le paysage et où il joue sur l’échelle.

Photographie 4 : Sans titre. Prise à Tanger en 1948. 17,7 x 11,6 en V-H-L.

Biographie de l’artiste :

Charles Leirens est né à Gand en 1888 dans une famille bourgeoise. Son père est industriel, amateur d’art et d’horticulture. Deux passions qu’il légua à son fils.

Très jeune, Charles avait des dons exceptionnels pour la musique. A l’âge de 8 ans, il était déjà passionné par la photographie : il faisait de la chasse aux images avec un appareil photographique qui n’était qu’une simple boite sans objectif et qui contenait qu’une seule plaque sensible en verre qu’il développait lui-même.

Après deux années à l’université, il entre au conservatoire pour y suivre des cours d’harmonie, de contrepoint et de fugue.

Quelques années plus tard, il entre comme secrétaire à la fondation Universitaire et, en 1928, Henri Le Bœuf, qui vient de fonder le Palais des Beaux-Arts, lui en offre la direction générale.

En 1932, il fonde la Maison d’Art où il offre au public l’occasion d’écouter des œuvres peu connues, interprétées par des artistes de grande classe.

C’est à cette époque-là qu’il se lance véritablement dans la photographie inspirée par les visages d’artistes qui défilent à la Maison d’Art.

En 1954, il est atteint d’une grave maladie qui le contraint à rester
pendant près de quatre ans allongé dans le plâtre. Cependant, il parvient quand même à réaliser des portraits.

La maladie l’a emporté à l’âge de 75 ans alors qu’il était encore en pleine activité.

Intention artistique de l’artiste :

Charles Leirens était particulièrement reconnu pour ces portraits. Pour lui, il voulait toujours révéler la personnalité de son modèle et le situer dans son propre monde poétique. Pour cela, il fallait une certaine mise en scène où le modèle jouait son propre personnage.

A travers l’image que nous travaillons, il a voulu rendre hommage aux hommes de tous pays.

Origine et brève explication de la photo :

Ce qu’il a voulu transmettre par la photographie, c’est la grandeur et la beauté des choses, l’immuabilité, l’aspect permanent et universel de la vie.

La photographie a été exposée au Museum of Modern Art de New York « The family of Man 1» rassemblant des images du monde entier. Le sujet traité dans cette exposition était l’humain dans sa diversité culturelle.

Photographie 5 :

Biographie :

Georges Thiry est un photographe belge.

A l’âge de 26 ans, il est au Congo-Belge. Il est émerveillé par les fresques géométriques ou anecdotiques qui décorent les cases indigènes. Il découvre les imagiers noirs.

Explications de la photo :

Le modèle est André Blavier, un poète belge. Il a été pris en photo par son ami Geogre Thiry.

George Thiry aimait prendre des photos des prostituées et de tout ce qui est surréaliste. Exemple : monsieur sur un vélo d’enfant avec une pipe.

George Thiry est né à Verviers en 1904 et décédé en 1994. Il passa une bonne partie de sa vie comme fonctionnaire à Bruxelles. Les photographies qu’il prenait étaient principalement des gens vivant dans ces deux villes, mais aussi des personnages plus connus dans les cercles artistiques dans les années 50 à 70.

Ces photos n’étaient pas prises au sérieux, car il n’étiquetait pas ses photos malgré que ses modèles étaient des personnes connues.

Intention artistique de l’artiste :

Georges Thiry aimait prendre aussi bien des portraits de personnes reconnues, que d’inconnus ou encore des gamins de rues. Il ne s’intéressait pas uniquement aux personnes, mais aussi aux ruines de l’après-guerre. Mr Thiry qualifiait ce qu’il faisait de « promenades artistiques ». Dans ces œuvres, nous ne pouvons pas empêcher de regarder aux détails. Malgré qu’il y ait une fraicheur dans son style où l’on arrive à être fasciné par une chaussure, il garde une certaine constance dans son entreprise.

Origine et brève explication de la photo :

La personne représentée sur cette photo est André Blavier, un ami de Georges Thiry et également une personne connue, car c’était un poète, un critique littéraire et pictural belge connu à l’époque. Elle a été prise en 1956. Ce photographe aime prendre des photos de tout ce qui est surréaliste, ce qui explique la photographie d’un homme sur un vélo d’enfant.